Un rapport qui dérange Hydro

Hydro-Québec «ne voulait rien savoir» d'un tarif de... (Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse)

Hydro-Québec «ne voulait rien savoir» d’un tarif de rachat préférentiel d’électricité pour stimuler la production d’énergies vertes, selon une source bien informée.

Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse

Paul Journet
La Presse

(Québec) Le rapport du comité consultatif sur les énergies renouvelables, que Québec tarde à rendre public, indispose Hydro-Québec, selon ce qu’a appris La Presse.

La société d’État «ne voulait rien savoir» d’un tarif de rachat préférentiel d’électricité pour stimuler la production d’énergies vertes, selon une source bien informée.

Le comité, présidé par Steven Guilbeault, d’Équiterre, a remis son rapport en décembre 2010 à l’ancienne ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau. À la fin août, peu avant la démission de la ministre, 18 environnementalistes lui ont demandé de rendre le rapport public. Joint hier, M. Guilbeault a dit qu’il attendait que Clément Gignac, successeur de Mme Normandeau, prenne connaissance du dossier.

Selon nos sources, le rapport contient une proposition délicate, le tarif de rachat garanti (feed-in-tariff) pour les énergies renouvelables. Ce système offre un prix avantageux sur une longue période aux entreprises qui investissent dans la recherche, la mise au point et la commercialisation d’énergie vertes, comme le biogaz, la biomasse, le solaire photovoltaïque, le solaire thermique, les hydroliennes et les petites éoliennes.

L’Ontario a adopté un tel système en 2006. Les fonctionnaires du ministère des Ressources naturelles y seraient «très favorables». Mais cela déplaît à Hydro-Québec, qui ne veut pas que ses revenus diminuent. Seul 1 des 12 autres membres du comité partagerait cet avis. Il ne s’agira donc pas d’une recommandation unanime.

La mesure n’emballerait pas non plus le ministère des Finances, qui ne veut pas perdre d’argent.

Hydro-Québec n’a pas voulu commenter nos informations. Le ministre Gignac, qui est entré en fonction il y a moins d’une semaine, n’était pas encore prêt à répondre à nos questions.

Selon les dernières données disponibles, Québec est en retard sur ses objectifs d’investissement dans le développement durable. Les investissements en recherche et développement durable atteignaient 2,6% du PIB en 2008 (derniers chiffres disponibles). La cible pour 2010 est de 3%.

Sources: Cyberpresse


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